N'avons-nous jamais été aussi « vus ». La psychologie a atteint un niveau de popularité sans précédent : on parle de santé mentale dans des émissions de divertissement, dans des publicités de marques de vêtements, et des concepts cliniques comme trauma, attachement ou des diagnostics comme TDAH et Autisme sont entrés dans le vocabulaire courant. Pourtant, l'auteure identifie un paradoxe central : la psychologie n'a jamais été autant demandée et, simultanément, aussi peu comprise. La popularité a apporté avec elle des effets secondaires, comme la perte de précision des concepts cliniques, qui finissent par tout expliquer et, pour cette même raison, risquent de ne plus rien expliquer.
Il y a deux décennies, admettre qu'on allait chez le psychologue nécessitait une justification que personne ne demandait au dentiste. Aujourd'hui, la thérapie a gagné une naturalité comparable à celle d'une séance de gym, ce que l'auteure considère comme une victoire acquise au fil de décennies de travail silencieux. Cependant, lorsque des concepts cliniques sortent du cabinet, ils gagnent en portée mais perdent en nuance : une mauvaise journée peut se transformer en « burnout », une tristesse passagère devient un symptôme à traiter, et un désaccord




