La juge du Tribunal constitutionnel portugais Maria Benedita Urbano a alerté que les tribunaux constitutionnels "sont attaqués" face à la montée du populisme et de l'autoritarisme dans les sociétés démocratiques. Lors de la 29e Rencontre des Professeurs de Droit Public, qui s'est déroulée à Macao, la magistrate a déclaré que le Tribunal constitutionnel est la cible d'attaques de la part de ceux qui veulent démanteler l'État de droit démocratique, car cette institution défend les droits fondamentaux et garantit le jeu de poids et contrepoids entre les pouvoirs.
Urbano a soutenu que la pandémie de Covid-19 "a été la tempête parfaite", en entrainant l'imposition de restrictions aux libertés fondamentales, quelque chose qui a accéléré les tendances populistes. La juge a alerté sur plusieurs méthodes qui peuvent être utilisées pour réduire le rôle du TC, incluant l'asphyxie financière, la limitation de la jurisprudence et le remplacement des juges. En exemple, elle a mentionné la campagne publique de délégitimation du Tribunal suprême fédéral du Brésil, où l'ancien président Jair Bolsonaro a tenté de nommer des juges favorables à sa cause.
La magistrate a souligné que, bien que la situation ne soit pas aussi grave au Portugal, en 2022 des juristes ont appelé à la fin ou à la réduction du nombre de juges nommés par les autres membres du TC. Urbano a alerté que la proposition de mettre fin à la cooptation et de passer à la nomination des trois juges par le Président de la République "est à éviter", car elle peut mener à la nomination de juges loyaux au pouvoir politique du moment et favoriser le contrôle du pouvoir judiciaire par l'exécutif.
Pour éviter une délégitimation progressive, Urbano a défendu que le TC doit maintenir un respect total pour la séparation des pouvoirs et préserver son image de tribunal indépendant et impartial. Cette intervention survient après que le parti Chega a accusé le TC d'"activisme politique" et d'être une "force de blocage de la volonté du législateur", après que le tribunal a déclaré inconstitutionnel un décret sur la perte de nationalité.




