Le Budget de l'État pour 2027 entre au Parlement en octobre avec un Cadre de Politiques Invariables qui montre 4 783 millions d'euros d'engagements déjà approuvés avant toute mesure nouvelle. Les pensions représentent 1 993 millions d'euros, les intérêts de la dette augmentent de 776 millions et les salaires de la fonction publique de plus d'un milliard. Le Chega exige la baisse de l'âge de la retraite comme ligne rouge, tandis que le PS exige des garanties publiques sur les pensions. L'investissement public tombe de 4,3 % du PIB en 2026 à 2,8 % en 2027, exactement le niveau nécessaire pour couvrir la dépréciation, parce que le Plan de Relance et de Résilience s'est terminé le 31 août.
Une étude de l'économiste Miguel Faria e Castro, de la Réserve fédérale de St. Louis, révèle que le stock réel de capital public portugais a atteint son maximum en 2013 et a chuté de 13,3 % jusqu'en 2024, revenant aux niveaux du début des années 2000 pour une économie plus grande. Entre 2010 et 2024, l'investissement public a été réduit de moitié, tandis que les prestations sociales ont presque stagné (de 16,6 % à 16,0 % du PIB). Quand la crise a obligé à couper, on a coupé la dépense qui ne proteste pas, ne fait pas grève et ne vote pas : l'investissement. La conséquence calibrée est un PIB de 2026 inférieur de 1,4 % à ce qu'il serait si le stock de 2013 avait été maintenu.
Le Portugal a investi 90 % de son investissement public avec des fonds européens entre 2014 et 2020, contre une moyenne européenne de 14 %, révélant une dépendance et une abdication de stratégie propre. Les dépenses exécutées étaient en moyenne de 719 millions d'euros en dessous des prévisions budgétaires par an entre 2019 et 2023, et en 2024 l'écart a atteint deux milliards, parce que l'État n'a pas assez d'ingénieurs, de juristes en matière de marchés publics et de gestionnaires de projet. La dette publique est à 92,9 % du PIB, les intérêts passent de 6 milliards en 2025 à plus de 7 milliards en 2027, et la fenêtre où le taux d'intérêt était inférieur à la croissance nominale s'est refermée.
L'article propose cinq règles fiscales : investissement public net jamais négatif, dépenses courantes primaires croissant moins que le PIB nominal, évaluation indépendante coût-bénéfice pour les projets au-dessus d'un seuil, publication d'un bilan de l'État certifié par la Cour des comptes, et délai de péremption pour toutes les dépenses qui engagent l'avenir. La Loi de Cadre Budgétaire de 2015 a ordonné la création de l'Entité Comptable État, mais onze ans plus tard, l'application complète est reprogrammée pour 2027. L'article conclut que le pays doit apprendre à compter avant de pouvoir brandir la prochaine bazooka, car il y a pire que d'avoir un déficit : s'appauvrir avec des comptes équilibrés.




