La décision du ministre André Mendonça, de la Cour suprême, d'envoyer au Parquet général de la République un rapport de la Police fédérale contenant des messages téléphoniques échangés entre son collègue Alexandre de Moraes et l'entrepreneur Daniel Vorcaro, propriétaire de la banque Master, place Moraes au centre des élections. Vorcaro est incarcéré pour avoir commandé la plus grande escroquerie financière de l'histoire du pays. Les messages ont été révélés par les reporters Felipe de Paula, Fausto Macedo et Aguirre Talento, du journal Estado de S. Paulo, rendant évidente la profondeur de la crise au STF.
La démarche de Mendonça, qui est son principal rival au sein du tribunal, transforme le conflit interne entre les deux ministros en l'un des sujets les plus sensibles du paysage politique et électoral. Le rapport est désormais entre les mains du procureur général Paulo Gonet, et il lui incombe exclusivement de décider s'il existe suffisamment d'indices pour ouvrir une enquête contre Moraes.
Si Gonet accepte, cela ouvre la possibilité d'un futuro afastamento de Moraes, soit par décision des autres ministros du STF, soit par une procédure de impeachment au Sénat. Si, en revanche, Gonet rejette la demande de Mendonça, cela pourrait amplifier le discours de dizaines de candidats au Sénat dans tout le pays, selon lequel le STF est une « maison d'intouchables ».




