La loi portugaise sur les marchés publics permet structurellement que les entrepreneurs ajoutent des coûts aux contrats après la signature, à travers des mécanismes tels que les travaux complémentaires prévus dans le Code des Contrats Publics. Lorsque des incompatibilités apparaissent entre le projet et les conditions réelles du chantier, la municipalité doit décider rapidement entre accepter la justification technique, la contester avec son propre avis ou activer l'arbitrage — toutes options avec des coûts, des délais et des risques de litige. Même des situations triviales, comme des pluies supérieures à la moyenne prévue, donnent à l'entrepreneur le droit automatique à une compensation financière ou à une prorogation de délai.
La valeur avec laquelle tout projet public démarre est née désactualisée, car entre la fixation du prix de base et le début des travaux s'écoule un calendrier légal qui comprend un éventuel contentieux précontractuel avec effet suspensif automatique et une vérification préalable du Tribunal des Comptes, avec un délai d'approbation tacite pouvant aller jusqu'à trente jours. Les données du portail BASE et de l'IMPIC montrent que, dans l'ensemble des marchés publics de l'Aire Métropolitaine de Lisbonne, il existe un écart financier agrégé de 6,44 % entre la valeur contractée et la valeur finale exécutée.
En appliquant ce taux au programme de logement abordable annoncé par le gouvernement, deux conséquences financières apparaissent. Les 1,851 milliards d'euros annoncés peuvent générer environ 119,2 millions d'euros de coût supplémentaire potentiel. De plus, une partie substantielle du financement — 1,34 milliard d'euros — provient d'une ligne de crédit de la Banque Européenne d'Investissement, qui représente une dette avec un calendrier de remboursement sur des décennies, pouvant générer environ 86,3 millions d'euros d'endettement supplémentaire supporté par les budgets futurs.
L'article alerte sur le fait que ce n'est ni une erreur de planification ni un manque de volonté politique qui est en cause, mais la même architecture légale appliquée à des milliers de contrats de travaux publics. Le véritable débat qu'il reste à faire, selon l'auteur, n'est pas de savoir combien de logements le programme promet, mais quelle partie de la facture finale on sait déjà à l'avance qu'elle ne sera pas honorée, et qui sera appelé à payer cette différence quand personne ne se souviendra plus des promesses originales.




