Deux plages voisines, l'une à Setúbal et l'autre à Sesimbra, séparées par seulement quatre jours, illustrent de manière contrastée l'état de la surveillance côtière portugaise. Le 2 septembre, à Arrábida, l'Unité de contrôle côtier et frontalier de la GNR a détecté des mouvements suspects lors d'une patrouille orientée, a mobilisé des moyens terrestres et aériens et a saisi quatre cents kilogrammes de cocaïne. Le 6 septembre, au Meco, l'État n'a pris connaissance de l'incident que par un appel téléphonique, trouvant un canot échoué avec moteur et provisions, mais sans aucune trace des trente personnes qui auraient été signalées. Le ministre de l'Administration interne a confirmé au Parlement qu'il n'y a pas de confirmation de débarquement et que le plus probable est qu'il se soit agi d'un canot de soutien au trafic de drogue.
La différence entre les deux cas n'était pas due à la chance, mais au dispositif. Là où il y avait surveillance, il y a eu interception, là où il n'y en avait pas, il n'y a eu qu'un pêcheur passant un appel. Même dans le cas réussi d'Arrábida, le résultat est resté incomplet, car au moins huit suspects ont été détectés mais un seul a finalement été arrêté. L'article soutient que le problème n'est pas la législation ni les autorités, mais l'absence d'un système intégré qui inclurait des radars côtiers, des capteurs aux points critiques, un croisement d'AIS avec radar et informations, et une capacité de réaction proportionnelle à ce qui est détecté.
L'article soutient que la surveillance côtière n'est pas seulement une question de sécurité intérieure, mais une condition pour l'économie maritime. Qui ne surveille pas la côte ne peut pas contrôler la pêche, protéger les parcs d'énergie offshore ni percevoir les impôts sur les carburants que la contrebande soustrait. Les réseaux de trafic qui viennent d'Amérique du Sud et d'Afrique de l'Ouest choisissent les ports mal surveillés pour la même raison que le commerce choisit les ports efficaces : le coût. Les radars, les plateformes aériennes et navales et les systèmes d'information sont à double usage, car celui qui suit un canot rapide peut tout aussi bien suivre un




