L'auteure Ana Alexandra Resende met en garde contre l'obligation contemporaine de paraître toujours positif, cordial et inclusif, se demandant si la société n'aurait pas confondu civilité avec conformisme. Elle défend qu'une société ne se construit pas seulement avec de l'amour et des sourires, mais aussi avec des personnes qui ne sont pas d'accord, qui questionnent et qui ont le courage de dire non face à ce qu'elles considèrent comme injuste.
L'article aborde le mécanisme subtil par lequel celui qui questionne trop est étiqueté comme « difficile », « conflictuel » ou « problématique », produisant une forme efficace de silence sans nécessité de censure formelle. L'auteure note la distance entre ce que les gens disent publiquement et ce qu'ils font quand personne ne les observe, alertant que des mots comme inclusion, empathie et solidarité peuvent se transformer en « décoration morale » lorsqu'ils sont dépourvus de correspondance dans les actes.
L'auteure défend que le conflit peut être productif, ayant produit les droits du travail, les droits des femmes et la démocratie elle-même, qui institutionnalise l'opposition et le débat. Elle critique également l'impact des réseaux sociaux dans la construction de « vitrines de personnalité », où il est facile de paraître impliqué sans véritablement s'engager. Elle souligne qu'une société a besoin de personnes disposées à demander « pourquoi ? » et « sur quelle base ? », et qu'apprendre aux enfants à ne jamais déranger peut résulter en des générations apathiques et incrédules.
L'article conclude en alertant que le silence éduque aussi et que beaucoup d'injustices ont survécu grâce à des phrases comme « ne te mêle pas de ça » ou « ça n'en vaut pas la peine ». L'auteure affirme vouloir continuer à croire en la délicatesse et en l'empathie, mais défend qu'il y a des moments où aimer signifie avoir le courage de dire : non, ceci n'est pas correct.




