Le Tribunal des comptes européen soutient que les mesures du programme REPowerEU ont réduit la dépendance européenne aux combustibles fossiles russes, mais qu'elles ont contribué peu au développement des énergies propres. L'audit révèle que seuls trois États membres — la Hongrie, les Pays-Bas et le Portugal — ont établi des liens clairs avec toutes les mesures des chapitres REPowerEU dans leurs Plans nationaux pour l'énergie et le climat, et que seulement 35 % des mesures du Mécanisme de reprise et de résilience contenues dans les chapitres REPowerEU sont mentionnées dans les versions finales de ces plans. Selon la Cour des comptes européenne, des défis importants persistent, car du pétrole russe a continué à arriver dans l'UE de manière indirecte par l'intermédiaire de pays tiers et certains États membres continuent d'importer des quantités considérables de gaz naturel. Le règlement n'inclut pas de dispositions imposant des sanctions directes aux États membres qui ne respectent pas l'interdiction.
La Cour des comptes européenne propose que la Commission européenne veille à ce que les mesures incluent des objectifs clairs et orientés vers les résultats, explicitement liés aux objectifs d'énergie propre et de renforcement du réseau, soutenus par des calendriers réalistes et un financement suffisant pour le suivi. Le Tribunal recommande également que l'exécutif communautaire définisse des indicateurs de performance suffisamment clairs et quantifiables. Sur les 300 milliards d'euros disponibles pour REPowerEU, jusqu'en avril dernier, seulement 18 % de ce montant avait été mis à disposition, soit 54,3 milliards d'euros.
La Commission européenne a répondu que REPowerEU contribue au développement de projets d'énergies renouvelables qui seraient retardés ou non réalisés. Depuis l'entrée en vigueur du règlement modificatif REPowerEU, en février 2023, tous les États membres ont intégré des chapitres dédiés dans leurs Plans de reprise et de résilience, mobilisant environ 57,6 milliards d'euros. L'exécutif communautaire soutient que le MRR, à travers les chapitres REPowerEU, a joué un rôle central dans l'accélération de la mise en œuvre des priorités du programme énergétique et garantit qu'il donnera suite aux recommandations de la Cour des comptes européenne.
En ce qui concerne le gaz, Bruxelles réitère l'interdiction juridiquement contraignante de l'importation de gaz naturel liquéfié russe, ce qui conduira à une élimination complète des importations de Russie au 1er janvier 2027 et de gaz russe par gazoduc en septembre 2027.




