Le secteur de l'aviation a exigé jeudi à l'Union européenne de limiter l'application du système d'échange de quotas d'émissions (SEQE), de simplifier les exigences climatiques et de résoudre les problèmes du nouveau système de contrôle des frontières. L'Association du transport aérien international (IATA), qui représente plus de 370 compagnies aériennes responsables d'environ 85 % du trafic aérien mondial, a estimé que les compagnies aériennes ont dépensé environ 9,9 milliards d'euros en 2024 pour se conformer à la législation européenne, prévoyant que cette dépense atteigne 33 milliards par an en 2050.
Alors que la Commission européenne se prépare à présenter une stratégie qui définira le ton législatif du transport aérien pour la prochaine décennie, l'IATA a lancé un appel pour qu'elle saisisse l'occasion de tenir l'engagement de réduire de 25 % les charges administratives. L'organisation a souligné que l'aviation soutient environ 15 millions d'emplois, représente 4,6 % du PIB européen et compte 766 aéroports commerciaux.
L'un des principaux points de friction est le SEQE, qui à partir de cette année a complètement éliminé l'attribution gratuite de quotas d'émission pour l'aviation. L'IATA défend que l'UE donne la priorité au CORSIA, le système mondial de compensation des émissions de l'Organisation de l'aviation civile internationale, plutôt que d'étendre le SEQE européen à davantage de routes internationales, soulignant que l'extension unilatérale d'obligations européennes à tous les vols internationaux soulève des problèmes d'extraterritorialité.
L'association a également demandé l'augmentation de la production de carburants durables pour l'aviation, plusieurs fois plus chers que le kérosène conventionnel, et a mis en garde contre la persistance de problèmes techniques et opérationnels dans le système d'entrées et de sorties, qui enregistre électriquement les citoyens de pays tiers qui traversent les frontières de l'espace Schengen. L'IATA exige un personnel suffisant aux contrôles frontaliers, une stabilité totale du système et une application de pré-inscription qui permette d'anticiper les formalités avant d'arriver à la frontière.




