Quand l'État saisit la voiture – et ensuite la conduit | Par Luís GanhãoPhoto de LeoBezerra sur Pexels
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Quand l'État saisit la voiture – et ensuite la conduit | Par Luís Ganhão

Postal do Algarve2 septembre 2026 à 07:30

L'article de Luís Ganhão soulève une question constitutionnelle sur l'utilisation par l'État de biens saisis à des prévenus avant qu'une condamnation définitive n'existe. La Constitution de la République portugaise, à l'article 32.º, établit que tout prévenu est présumé innocent jusqu'au prononcé du jugement de condamnation passé en force de chose jugée, ce qui constitue un pilier fondamental de l'État de droit.

L'auteur se demande si l'État, en saisissant un véhicule qui continue d'appartenir au prévenu, peut l'utiliser à son propre profit pendant un procès qui peut durer des années. Il imagine le scénario d'une automobile saisie qui, au lieu de rester gardée, est mise au service d'une entité publique, subissant l'usure, parcourant des kilomètres et perdant de la valeur. Lorsque le prévenu est acquitté et que le véhicule lui est restitué, la question se pose de savoir si ce qui lui a toujours appartenu lui a réellement été « rendu ».

Ganhão distingue deux situations : d'une part, l'État limitant temporairement l'exercice d'un droit pour protéger une finalité proces­su­elle, ce qu'il considère comme légitime ; d'autre part, l'État retirant d'un bien une utilité propre, ce qui peut soulever des questions constitutionnelles. La présomption d'innocence n'est pas seulement une règle sur le résultat final du procès, mais aussi une garantie concernant la manière dont le citoyen doit être traité tant que ce résultat n'existe pas.

L'article ne vise pas à donner une réponse définitive, mais soulève une réflexion sur l'équilibre entre les besoins de la justice pénale, l'intérêt public, le droit de propriété et la présomption d'innocence. Ganhão soutient qu'il est peut-être légitime de se demander si l'État, en cessant de simplement garder un bien saisi et en passant à l'utiliser, n'a pas franchi une frontière qui mérite d'être constitutionnellement examinée.

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