Bruxelles prépare l'Affordable Housing Act, une législation européenne qui vise à établir des critères permettant aux États membres, aux villes et aux régions d'imposer des mesures proportionnées sur les hébergements touristiques de courte durée dans les zones soumises à une plus forte pression sur le logement. La Commission européenne justifie cette intervention par l'insécurité juridique à laquelle sont confrontées plusieurs villes qui ont tenté de restreindre les hébergements touristiques, fréquemment contestés au titre des règles européennes sur la liberté de prestation de services. La Cour de justice de l'Union européenne a déjà estimé en 2020 que des restrictions peuvent être justifiées par des objectifs de pénurie de logements, à condition qu'elles soient proportionnées, mais la définition de cette proportionnalité continue de susciter des litiges.
Le problème à l'origine de cette législation est le déséquilibre entre l'offre touristique et l'offre de logements dans certaines destinations. Selon les données du Centre commun de recherche de la Commission européenne, les hébergements de courte durée représentent environ 1,2 % du parc immobilier de l'UE, mais dans certaines destinations touristiques, ils peuvent atteindre 20 % des logements. En 2025, le Portugal a enregistré 49,5 millions de nuitées dans des hébergements de courte durée réservés via des plateformes en ligne, dont 42,5 millions correspondaient à des visiteurs internationaux.
Au Portugal, Lisbonne, Porto et Funchal ont déjà créé leurs propres mécanismes pour freiner les nouveaux hébergements locaux dans les zones de plus forte concentration. Lisbonne envisage des zones de confinement absolu lorsque le ratio entre hébergements locaux et logements permanents est égal ou supérieur à




